lunedì 6 marzo 2017

La droite pour tous

(R. Magritte, Les bijoux indiscrets)
Il y a une doctrine politique qui n’a pas encore été approfondie, mais en contrepartie elle est mise en pratique par plusieurs gouvernements ; je parle de cette notion pseudo-chrétienne qui impose l’autolimitation du pouvoir par analogie avec l’Incarnation du Christ, come pour dire que le fils de Dieu s’oblige à respecter la liberté humaine en se faisant homme.
Mais je pense que n’est pas si simple: cette doctrine, à mon avis, n’est pas vraiment chrétienne, car elle omet de aller jusqu’au bout de l’analogie et préciser à quel moment politique correspondrait la Résurrection.

Comme en témoigne la soudaine transformation de la France en un État semi-autoritaire, il ne s’agit pas d’une question secondaire. Le pouvoir met en scène la comédie de l’autodestruction, mais bientôt reviennent le couvre-feu, les délits d’opinion et tout ça.

(Mais en fait, il n'est pas nécessaire de parvenir à une dictature: au contraire cette doctrine est plus adapté à un contexte où toute opposition est rendue impossible, comme dans le roman de Aldous Huxley Brave New World).

D’un point de vue philosophique, on pourrait dire que le renversement des valeurs ne correspond pas à un renversement des pouvoirs : tout au plus le pouvoir peut exiger que la merde soit rebaptisée sous un autre nom, mais ça ne change les rapports de domination.
La vérité du christianisme (si le christianisme est vrai) devrait concerner précisément une renversement des pouvoirs. Comme quelqu’un l’a dit, « on ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves ».

Je parle souvent de la situation politique française (le sécuritarisme, la montée de l’extrême droite, les néo-réacs et cetera), mais ce que j’essaie de découvrir, c’est s’il existe finalement la possibilité d’une (extrême) droite « de gouvernement » qui ne produit pas la même vieille merde (procès sommaires, génocides, et tout le reste).

Toutes les idées politiques, de manière plus ou moins explicite, souhaitent donner un sens à la vie. Seuls les sceptiques se contentent d’une théorie réactionnaire de l’action sociale, l’ataraxie.
Dans l’ensemble, toutefois, personne n’est prêt à vivre dans l’insignifiance. 
Lorsque quelqu’un agit, il agit toujours dans la perspective d’un sens ultime : c’est le monde qui veille à un « recalibrage » des attentes. Il y a une force (je l’appelle maintenant « monde », mais appelez-la comme vous voulez, la divine providence, l’Histoire…) qui permet à ce que à un moment est relégué à le folklore d’émerger du chaos et de devenir loi.
Une fois qu’une idée se réalise dans un contexte spécifique, alors le monde intervient pour monder : autrement dit, pour éteindre les coutumes qui réduisent les chances de survie d’une société.

Dans la tradition occidentale, cette « écrémage » est plus compliquée, parce impose la tâche d’harmoniser les dimensions sociale et individuelle, afin que aucun des deux ne prévaut sur l’autre.
Par exemple, dans Les Suppliantes d’Eschyle le roi d’Argos persuade son peuple à défendre les filles de Danaos contre les Égyptiens qui les poursuivent, en utilisant des arguments qui dépassent la conception de la religion (la « piété populaire ») comme instrumentum regni.
Même le machiavélisme, qui prêche l’instrumentalisation de la religion pour garder le pouvoir, lui reconnaît la capacité de garantir la cohésion sociale et inhiber les conflits entre les citoyens : cette réserve de légitimité est toujours nécessaire.

Cela signifie que celui qui veut comprendre la mondanité, il doit adapter ses délibérations en fonction de la façon dont elle se manifeste : même ceux qui veut gouverner, il ne peut déduire des critères objectifs d’action basées uniquement sur les effets de ses délibérations, qui a priori restent toujours inconnaissable. Il s’agit là d’une condition essentielle pour ceux qui veut renouveler une tradition comme pour ceux qui veut la franchir.

L’un des problèmes de la pensée réactionnaire est de trouver un antidote à la brutalité politique et à le machiavélisme naïf. Joseph de Maistre, par exemple, identifie le jacobinisme avec le totalitarisme tout court, tandis que Julius Evola exclut Machiavelli des ancêtres de la droite, parce qu’à son avis on ne peut « définir comme droit simplement la manière forte, […] une puissance informe, dépourvue d’une chrisme et d’une légitimation supérieure ».
Depuis l’après-guerre le problème s’est envenimé, notamment à cause de l’alibi de l’anticommunisme. Si à courte distance le nihilisme réactionnaire a servi à combattre l’hégémonie progressive, dans une perspective plus large le même état d’esprit risque de se transformer en indifférence à l’égard de la vérité et de le bien commun.
Cette mentalité a animé l’ensemble des anti-communistes occidentaux: une overdose de « mauvaise joie » en observant le défaillances du socialisme réel.

Il semble aujourd’hui que la droit, en profitant des différentes « crises », se présente comme une opposition ontologique à tout ce qui existe. C’est un mélange de anti-intellectualisme, culpabilité et, comme je l’ai dit, mauvaise joie.
Afin d’éviter une autre régression, il faut surmonter l’amoralité, le nihilisme et l’irrationalisme. Une droit dans ce monde, mais pas de ce monde, pourquoi, pour parler franchement, si aujourd’hui un certain type de droite est autorisé à se manifester, cela signifie que quelqu’un veut l’utiliser pour forcer les peuples à appeler la merde « chocolat » (et l’exploitation « hiérarchie naturelle », la brutalité policière « rétablissement de l’ordre », le bellicisme « patriotisme », les aventures néocoloniales « défense de la civilisation », etc.). Cela ne doit pas se produire encore une fois...

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