martedì 5 gennaio 2016

Pourquoi (ne pas) voter Le Pen

Je suis convaincu que pendant les années politiquement chaudes même un gauchiste le plus étranger des sentiments racistes n’aura pas laissé passer l’occasion d’appeler un adversaire politique d’origine italienne avec le terme « rital ». Il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres d’une forme de nationalisme caché au fond de l’inconscient, le seul qui semble convenir à « un pays en deuil de lui-même », comme le dit l’historien Christophe Prochasson. Dans cette situation, même un « pied-noir » comme Zidane est devenu un symbole du chauvinisme, comme le montre la ridicule statue appelée Coup de tête. (Il en va de même pour l’identitarisme agressif des banlieues : c’est toujours l’esprit de revanche mal digérées).

Pour trouver un antidote je crois que les Français devraient essayer un traitement lepéniste : seulement ainsi le « nationalisme subconscient » pourrait marcher à la lumière. Ce n’est pas sans raison que Manuel Valls a déclaré que le Front national peut conduire à la « guerre civile » : le nationalisme pour les Français c'est comme l’air qu’ils respirent ; si quelqu’un se la réserve pour lui tout seul, une réaction (même purement « physiologique ») est inévitable. Je ne connais pas de meilleure raison pour voter Marine Le Pen que de troller la grandeur. 

Toutefois, il est difficile d’imaginer ce qui se passera après ce fantomatique guerre civile : comme dans chaque parti politique, il y aura dans le Fn quelque tête chaude qui peut-être partagent la même vision des progressistes sur le rôle des « extrémismes opposés » en Europe… après tout, ce sont de choses qui arrivent. Malgré cette perspective, même dans son dernier livre Soumission, Michel Houellebecq répond aux angoisses générées par la décadence de la francophonie avec l’invention d’un nouvel empire ottoman qui préfère la langue française à l’arabe (bien que l’islam ait triomphé en France !) : « Ben Abbes s’apprête, comme Richelieu, à rendre d’immenses services à la langue française. Avec l’adhésion des pays arabes, l’équilibre linguistique européen va se déplacer en faveur de la France. Tôt ou tard, vous verrez, il y aura un projet de directive imposant le français, à parité avec l'anglais, comme langue de travail des institutions européennes ».

Enfin, cette affaire de la grandeur ne finira jamais : aussi le suicide collectif redouté par Régis Debray sera une occasion pour témoigner de leur propre supériorité (Graecia capta ferum victorem cepit, ou pour mieux dire, « La Grèce conquise a conquis son vainqueur sauvage »). Et donc, pas de peur.


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